Mélissa da Costa, le 2 décembre 2025, à Paris ( AFP / JOEL SAGET )
Mélissa da Costa, J.M.G Le Clézio, Delphine de Vigan, Pierre Lemaitre...: d'illustres écrivains vont animer la rentrée littéraire de janvier avec l'espoir d'attirer les lecteurs après une année 2025 plutôt morose pour les libraires.
Un peu moins riche que celle de septembre, la rentrée d'hiver propose 363 romans français, soit quasiment autant qu'en 2025, dont 65 écrits par des primo-romanciers, selon les données du magazine Livres Hebdo.
- Incontournables -
Jean-Marie Gustave Le Clezio à Blois le 13 octobre 2024 ( AFP / GUILLAUME SOUVANT )
Les lecteurs l'attendaient depuis un an: le 4e et dernier tome de la fresque familiale "Les années glorieuses" consacrée par Pierre Lemaitre à l'après-guerre.
Tiré à 250.000 exemplaires, "Les belles promesses" (Calmann-Lévy) plonge les héros de la saga dans un Paris frénétique, celui de la construction du périphérique, mais aussi dans les campagnes frappées par l'exode rural.
18 mois après son dernier roman, Mélissa da Costa revient avec "Fauves" (Albin Michel), l'histoire d'un jeune de 17 ans qui fuit un père violent et débarque dans un cirque où il s'initie au dressage des fauves. Un roman "de sueur et de sang" de l'autrice la plus lue de France en 2024.
Pilier de la littérature française, Jean-Marie Gustave Le Clézio revient avec "Trois Mexique" (Gallimard), dans lequel le Prix Nobel 2008 dresse le portrait de trois figures mexicaines inspirantes et réaffirme son attachement aux traditions amérindiennes.
- Âpres campagnes -
Gaspard Koenig, le 22 novembre 2023, à Paris ( AFP / Alain JOCARD )
Loin du Mexique, la campagne française sert de décor à plusieurs romans de la rentrée, mais la vie y est rude et les destins souvent tragiques.
Dans "Acqua" (L'Observatoire), Gaspard Koenig plonge un village normand dans la crise lorsque l'eau vient à manquer au robinet.
Marie-Hélène Lafon raconte, sans fioriture, le huis clos étouffant d'une ferme du Cantal dans "Hors champs" (Buchet-Chastel).
Dans "Le visage de la nuit" (L'Iconoclaste), Cécile Coulon marie le conte et la poésie pour narrer l'histoire d'un enfant défiguré qui vit caché et ne sort que la nuit pour trouver refuge dans les bois.
- Enjeux brûlants -
Delphine de Vigan le 8 septembre 2021, à Deauville dans le Calvados ( AFP / LOIC VENANCE )
Après "Les enfants sont rois", Delphine de Vigan poursuit son exploration des bouleversements liés au numérique dans "Je suis Romane Monnier" (Gallimard). Ou comment retrouver la trace d'une disparue lorsqu'il ne reste que les messages, les voix et la mémoire de son téléphone portable.
L'actrice Judith Godrèche, fer de lance de #MeToo en France, "revisite son passé" dans "Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux" (Seuil), un récit dans lequel elle montre comment elle a été "une enfant confrontée au monde des adultes".
Dans "Sicario bébé" (Rivages), Fanny Taillandier raconte la cavalcade d'un jeune couple qui a accepté de réaliser, pour 50.000 euros, un assassinat commandité par un narcotrafiquant. "C'est une histoire de jeunesse, celle qui fait les rêves, les erreurs et les révolutions", selon l'autrice.
- Curieux destins -
Eric Vuillard le 8 novembre 2019, à Rennes ( AFP / Damien MEYER )
Eric Vuillard, auteur de "L'ordre du jour", prix Goncourt 2017, ressuscite dans "Les orphelins, une histoire de Billy The Kid" (Actes sud) le légendaire hors la loi du Far West, mort à 21 ans.
Dans "Désertion" (Verticales), François Bégaudeau dresse le portrait d'un jeune homme qui quitte sa ville côtière française pour aller se battre en Syrie où combat le groupe Etat islamique (EI).
"De la cuisine il a fait un art et de sa vie un roman", résume Gautier Battistella en racontant, dans "Bocuse" (Grasset), la vie du célèbre chef Paul Bocuse, "séducteur, aventurier, conservateur et furieusement moderne à la fois".
Deux ans après le triomphe des "Yeux de Mona", une ode à la peinture traduite en de nombreuses langues, Thomas Schlesser honore la poésie dans "Le chat du jardinier" (Albin Michel), en librairie le 29 janvier.
- Nouvelles venues -
Pascal Quignard, le 29 novembre 2023, à Guadalajara, au Mexique ( AFP / ULISES RUIZ )
Le marasme d'une partie du secteur ne fait pas peur à des amoureux du livre qui osent créer de nouvelles maisons d'édition.
C'est le cas des Editions Hardies, qui promettent de ne "publier que des livres singuliers" et se lancent avec le nouveau livre de Pascal Quignard, "Il n'y a pas de place pour la mort", une invitation au vagabondage.
La maison "Les corps conducteurs", créée au sein du groupe indépendant des "Nouveaux éditeurs", veut promouvoir des "livres électriques", comme celui du jeune poète Victor Malzac, "Le monstre mur".

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